« Les marchés resteront fermés. »
 
Si cette fois on ne peut déplorer que les marchés aient été oubliés par le Conseil National de Sécurité (CNS), l’incompréhension demeure.
 
Depuis le 25 mars, en effet, la décision prise par le CNS a été de fermer les marchés si une alternative pour l’approvisionnement alimentaire existait.
 
À Tournai, comme dans la plupart des communes de taille moyenne, la grande distribution est largement présente et nous avons donc, à regret, respecté les règles édictées.
 
À regret, car contrairement au secteur de la grande distribution, l’organisation des marchés permet aisément de pouvoir faire respecter les règles de distanciation physique. Outre le fait que nous soyons en plein air, il est ainsi possible d’éloigner les échoppes les unes des autres.
 
Nous aurions d’ailleurs pu appliquer cette organisation dès le début du confinement.
 
Les marchés tournaisiens sont essentiellement alimentaires (75% des ambulants). Comment expliquer que ce secteur n’ait pas sa place dans la chaîne alimentaire ? Les ambulants permettent aux citoyens d’acheter en circuit court et à un meilleur rapport qualité-prix qu’en supermarché. En ces temps difficiles, tant d’un point de vue économique que sanitaire, pouvoir accéder à de la nourriture de qualité à des prix abordables doit être une priorité.
 
Certes, certains ambulants auront trouvé des alternatives (ventes à la ferme ou livraisons à domicile), mais dans une très faible proportion malheureusement. L’intérêt d’un marché est de pouvoir faire l’ensemble de ses courses en seul lieu. Un marché, ce n’est pas un ambulant isolé, c’est un ensemble complet. C’est aussi l’occasion pour les citadins de s’approvisionner directement chez les producteurs.
 
Le 11 mai prochain, tous les commerces (à l’exception des cafés, restaurants et commerces de contact) rouvriront leurs portes, « sans discrimination de taille et de secteur, laissant ainsi à chacun les mêmes chances de réussite » nous a annoncé Sophie Wilmes, première ministre MR.
 
Pour ma part, les ambulants méritent, comme tout autre commerçant, de redémarrer leur activité. Ce sont des indépendants, qui comme toutes petites entreprises belges, contribuent à notre économie locale.
 
La question demeure donc : « Pourquoi les marchés sont-ils encore oubliés ? »
 
La prochaine réunion du CNS laisse enfin envisager une perspective. Il est essentiel que le délai soit le plus court possible. Nous pouvons organiser les marchés dans le respect des règles barrières en vigueur : installer un périmètre, y obliger le port du masque et limiter le nombre de personnes. Nous sommes prêts.
Caroline Mitri, échevine du commerce de la Ville de Tournai
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